Inondations à Ploërmel : quand le discours rassurant heurte la réalité vécue
- 5 févr.
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Alors que de violentes intempéries ont frappé le pays de Ploërmel et ses communes voisines, la communication officielle de la municipalité contraste fortement avec les témoignages de riverains inquiets. Entre autosatisfaction affichée et réalités de terrain, un malaise profond s’installe.

Des intempéries majeures et une communication décalée
Toute la semaine, le pays de Ploërmel a subi des pluies intenses aux conséquences parfois dramatiques. Josselin, Malestroit, Saint-Perreux et d’autres communes ont connu routes coupées, habitations envahies par l’eau et familles sinistrées. Dans ce contexte déjà lourd, un article de presse mettant en avant la municipalité de Ploërmel a surpris. Il y est affirmé qu’aucun appel pour des caves inondées n’aurait été reçu en centre-ville et que des travaux passés auraient permis de « tranquilliser la ville pour cent ans ». Une communication jugée déplacée par certains habitants, au regard de la situation régionale et des inquiétudes locales persistantes.
Christophe Launay : « Un fossé inquiétant entre paroles et terrain »
Pour Christophe Launay, ce discours révèle un décalage préoccupant. Depuis la publication de l’article, plusieurs riverains, rue de la Gare, secteur du Moulin de Bezon, autour de l’hôpital Bezon, ont exprimé leur colère et leur lassitude. Ils affirment avoir alerté la mairie à de nombreuses reprises, par mails ou par téléphone, sans retour. Leur quotidien est marqué par l’angoisse à chaque épisode pluvieux : caves qui se remplissent, garages menacés, dégâts répétés. « Ce que ces habitants demandent, ce n’est pas une mise en scène médiatique, mais d’être écoutés et pris au sérieux », souligne-t-il.
Des investissements utiles, mais pas une solution miracle
Personne ne remet en cause l’importance des travaux réalisés sur les réseaux d’assainissement et de régulation des eaux. Ils sont nécessaires et doivent être salués. Mais affirmer que tout serait réglé pour un siècle relève davantage du slogan que d’une analyse prudente, surtout à l’heure du dérèglement climatique. La communication aurait gagné en crédibilité avec plus de modestie et de solidarité, notamment envers les communes voisines durement touchées. Pour Christophe Launay, il est urgent de sortir d’une logique d’autosatisfaction et de reconnaître que certains secteurs restent vulnérables.
Écoute, transparence et action : une exigence démocratique
Les habitants concernés ne cherchent ni polémique ni confrontation. Ils demandent des réponses concrètes : des rencontres avec les élus, un état des lieux précis des zones à risque, des dispositifs d’alerte clairs et un plan d’adaptation au changement climatique crédible. Quand des mails restent sans réponse et que la crainte s’installe durablement, la priorité doit être l’action, pas la communication. À Ploërmel, la prévention des risques climatiques mérite rigueur, transparence et dialogue constant avec les riverains.
« À trop vouloir se rassurer publiquement, la municipalité risque surtout de se réveiller trop tard. »




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