Fontaine à 300 000 € : quand Ploërmel oublie ses priorités
- 4 janv.
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Dernière mise à jour : 12 janv.
La nouvelle fontaine de la rue Charles-de-Gaulle aura coûté près de 319 000 € TTC, sans compter un entretien annuel dépassant les 15 000 €. Un équipement d’agrément coûteux, peu adapté au contexte de sécheresse, et installé au pied de l’église Saint-Armel, sans véritable réflexion sur la mise en valeur de ce patrimoine ni sur les besoins quotidiens des habitants.

Un symbole d’anticipation défaillante
La fontaine, implantée en bord de route et en point bas, peine à s’imposer comme véritable aménagement esthétique. Son coût, 319 000 € TTC, s’ajoute à la nécessité de recruter un fontainier à mi-temps pour assurer l’entretien, pour plus de 15 000 € de fonctionnement par an.
Autrement dit, la commune s’est engagée sur des centaines d’heures de travail, sans avoir anticipé ces charges durables ni questionné l’intérêt réel d’un tel projet pour le quotidien des Ploërmelais.
Une décision déconnectée des réalités
Pour Christophe Launay, cette fontaine est le révélateur d’une manière de décider sans vision globale : on lance un projet parce qu’il “fait joli”, sans évaluer ses coûts réels ni sa pertinence dans un contexte de changement climatique. Voir un équipement à plus de 300 000 € incapable de fonctionner en plein été, à cause de fuites et de restrictions d’eau, illustre cette déconnexion. Une ville responsable doit concilier attractivité, sobriété et qualité de vie, pas empiler des équipements décoratifs dont la maintenance pèse longtemps sur le budget communal.
Réorienter l’investissement vers le vivant
Christophe Launay défend une autre approche : d’abord penser les usages et le cadre de vie, ensuite les aménagements. Autour de l’église Saint-Armel, un véritable square urbain végétalisé, arbres, ombre, bancs, cheminements doux, aurait mieux mis en valeur le patrimoine tout en offrant un espace de détente aux habitants. Une fontaine aurait pu y trouver sa place, mais intégrée à un projet global : circuit fermé fiable et économe en eau, coûts de fonctionnement mesurés, et concertation avec les habitants. Demain, chaque euro investi devrait être évalué au regard de trois critères : utilité, sobriété et impact sur le long terme.
De la polémique à une nouvelle méthode
Cette fontaine restera sans doute comme le symbole d’un manque d’anticipation et de priorités mal assumées. Mais elle peut aussi servir d’électrochoc : ne plus engager de telles sommes sans étude d’impact complète, transparence des coûts et association des citoyens. À l’heure où tant d’équipements du quotidien attendent réparations ou rénovations, il est urgent de remettre le bon sens et l’intérêt général au cœur des choix. Transformer les erreurs d’hier en méthode pour demain, c’est la condition pour redonner confiance aux Ploërmelais et construire une ville vraiment pensée pour eux.
« À Ploërmel, la nouvelle fontaine devait embellir la ville ; elle révèle surtout une gestion déconnectée des priorités réelles des habitants. »




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