Centre-ville de Ploërmel : stop à l’autosatisfaction, l’alerte est réelle
- 8 févr.
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Alors que les vitrines se vident et que les commerçants tirent la sonnette d’alarme, la municipalité continue d’afficher un optimisme déconcertant. Derrière les discours rassurants, les chiffres et le terrain racontent une tout autre histoire, bien plus inquiétante pour l’avenir du cœur de Ploërmel.

Quand le discours officiel nie le terrain
Se féliciter publiquement de la vitalité du centre-ville alors que les commerçants ferment, peinent à payer leurs charges et voient leur trésorerie s’effondrer crée un profond malaise. Lors de la cérémonie des vœux, le maire a avancé un taux de vacance commerciale de 5 %. Un chiffre qui ne correspond ni aux vitrines vides visibles par tous, ni aux témoignages concordants des professionnels du cœur de ville. Ce décalage entre communication municipale et réalité quotidienne nourrit incompréhension et colère, et empêche surtout de poser un diagnostic honnête sur la situation économique du centre de Ploërmel.
Vacance commerciale : Christophe Launay appelle à la vérité
Pour Christophe Launay, la vacance commerciale n’est pas un simple indicateur technique, mais un véritable baromètre de la santé d’un centre-ville. Autour de 5 %, il s’agit généralement d’une vacance dite normale, liée aux transitions entre deux activités. Entre 8 et 10 %, la situation devient préoccupante, la fréquentation baisse et l’équilibre commercial se fragilise. Au-delà de 12 à 15 %, l’alerte est maximale : fermetures en chaîne, perte d’attractivité et recul des investissements. Minimiser ces seuils, c’est refuser d’admettre que le centre-ville est aujourd’hui en grande difficulté.
15,8 % de vacance : l’alerte rouge est franchie
Face à l’absence d’explication de la municipalité sur sa méthode de calcul, un travail rigoureux a été mené : recensement exhaustif de tous les pas-de-porte du centre-ville, cartographie précise, photographies et comptage détaillé. Le résultat est sans appel : 15,83 % de vacance commerciale. Un seuil critique largement dépassé. Ces éléments sont mis à disposition de tous afin que chacun puisse vérifier, comparer et juger en toute transparence. Passer de 5 % à près de 16 %, ce n’est pas un détail, c’est un changement complet de diagnostic qui impose une autre politique publique.
De l’action plutôt que des slogans
À ce niveau de vacance, continuer à afficher un optimisme béat relève de l’irresponsabilité. Le centre-ville n’a pas besoin de formules creuses, mais de décisions fortes, rapides et mesurables. La création d’une nurserie commerciale avec baux dérogatoires et prise en charge partielle des loyers constitue une réponse concrète, notamment pour les secteurs les plus sinistrés comme la rue de la Gare ou la galerie du Trait d’Union. L’objectif est clair : permettre à de nouveaux porteurs de projets de s’installer, de tester leur activité sans risques excessifs et de redonner immédiatement vie aux rues commerçantes.
« Se satisfaire d’un discours flatteur face à des vitrines vides revient à préférer la communication à l’action, au détriment du centre-ville et de ses habitants. »




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