Santé à Ploërmel : un cabinet médical menacé, l’alerte devient critique
- 5 févr.
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À Ploërmel, la question de l’accès aux soins n’est plus un sujet abstrait ou lointain. Elle devient une urgence concrète, immédiate, qui touche déjà des centaines de familles. Alors que la ville repose sur deux cabinets de médecine générale pour assurer le suivi de la population, l’un d’eux se trouve aujourd’hui au bord de la fermeture, dans un silence municipal de plus en plus préoccupant.

Un équilibre médical en train de s’effondrer
Le cabinet concerné, structure privée gérée par les médecins eux-mêmes, a tiré la sonnette d’alarme. Ils ne sont plus que trois généralistes en activité. Un départ est acté pour la fin février, un second interviendra fin juin, et le dernier est programmé pour décembre 2026. Sans action rapide, ce cabinet cessera tout simplement d’exister. Ce n’est ni une projection pessimiste ni un scénario lointain : c’est une trajectoire déjà écrite si rien n’est fait.
Christophe Launay : “Des milliers de patients laissés sans solution”
Pour Christophe Launay, les chiffres parlent d’eux-mêmes. Un médecin généraliste suit en moyenne entre 900 et 1 200 patients. La disparition progressive de ce cabinet signifie donc que plusieurs milliers d’habitants risquent de se retrouver sans médecin traitant. Derrière ces chiffres, il y a des personnes âgées, des enfants, des patients atteints de maladies chroniques. Très vite, les délais de rendez-vous s’allongent, les urgences se saturent et le renoncement aux soins devient une réalité quotidienne.
Des conséquences humaines trop souvent ignorées
Un aspect reste pourtant largement sous-estimé : sans médecin traitant, de nombreux seniors ne peuvent plus accéder à un EHPAD, l’admission nécessitant un suivi médical régulier. Ce sont alors des parcours de vie qui se figent, des familles qui se retrouvent démunies et des situations humaines qui se dégradent dans l’angoisse et l’attente. Laisser cette situation s’installer, c’est accepter une forme de maltraitance institutionnelle par l’inaction.
Une responsabilité politique qui ne peut plus être esquivée
Certes, la santé n’est pas une compétence exclusivement municipale. Mais une municipalité responsable ne peut rester spectatrice lorsque l’un des piliers du quotidien des habitants vacille. Anticiper, protéger, attirer : voilà ce qui est attendu. Notre groupe avance une proposition claire et immédiatement opérationnelle : le rachat des murs du cabinet par la collectivité afin de sécuriser ce pôle médical stratégique. Modernisation des locaux, loyers maîtrisés, accompagnement à l’installation, travail avec l’ARS, accueil d’internes et partenariats universitaires auraient déjà dû être engagés.
2026 : une opportunité à saisir, pas à subir
La réduction annoncée des écarts d’aides entre zones rurales et urbaines à partir de 2026 ouvre une fenêtre décisive. Encore faut-il avoir un projet, une vision et la volonté politique de défendre l’attractivité médicale de Ploërmel. Chaque mois qui passe sans décision rapproche la commune d’un véritable désert médical. Ici, la santé n’est pas un argument électoral : c’est une urgence vitale qui impose des choix courageux, maintenant.
« En laissant cette situation s’enliser, la municipalité prend le risque d’assumer seule demain les conséquences d’un désert médical qu’elle n’aura pas voulu prévenir. »




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